Le corps de Māgaṇḍiya selon Bouddha

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Ayant finalement retrouvé le Bienheureux, le brahmane interpella son épouse :

 

« Le voilà ! Le voilà ! C'est l'homme que j'ai rencontré ce matin, c'est lui à qui je vais marier ma fille ! (S'adressant à Bouddha) Moine ! Prenez la main de ma fille !

 

— Je ne veux pas de votre fille ! Après avoir renoncé à la vie royale, je suis parti dans la forêt, où j'ai pratiqué le détachement avec effort et détermination. Au bout de six ans, je suis parvenu à l'omniscience. Juste après ce moment-là, Māra envoya ses filles pour me séduire. Bien qu'elles soient infiniment plus belles que votre fille, cela n'a pas eu le moindre effet sur moi. Les kilesā conduisent sans cesse vers de nouvelles existences. En ce qui me concerne, j'ai vaincu tous les kilesā. Je n'apprécie donc plus les plaisirs sensoriels. Ce corps est rempli de choses répugnantes. Votre fille n'est rien d'autre qu'un tas de chair, d'os, de sang, de pus, de glaire, d'urine, de matières fécales... Elle est comme un pot d'excréments. Je n'ai vraiment pas la moindre envie de toucher à votre fille. »

Quand Bouddha eut prononcé ces paroles, le brahmane et sa femme devinrent tous deux anāgāmi, tandis que leur fille fut fâchée contre Bouddha. Furieuse, elle dit à ses parents :

« Pourquoi ce moine dit-il que je ne suis qu'un pot d'excréments ? Qu'il attende un peu ma vengeance ! »

 

Loin de vouloir froisser Māgaṇḍiya, le Bienheureux eut parlé ainsi à l'attention de ses parents, dans le seul but de provoquer en eux la prise de conscience qui les incita à développer la connaissance directe de la réalité un bref instant, suffisant pour parvenir au stade d'anāgāmi.

 

 

 

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