C’est assez juste - Ajahn Chah

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Où est le Dhamma ? Le Dhamma tout entier est assis ici avec nous. Tout ce qui peut vous arriver est juste, tel que c’est. Quand vous vieillissez, ne croyez pas que quelque chose ne va pas. Quand vous avez mal au dos, ne croyez pas qu’il y a erreur. Si vous souffrez, ne croyez pas que c’est mal. Si vous êtes heureux, ne croyez pas que c’est mal.

Tout cela est le Dhamma. La souffrance est simplement la souffrance. Le bonheur est simplement le bonheur. La chaleur est simplement la chaleur et le froid est simplement le froid. Il ne s’agit pas de : « Je suis heureux, je suis bon, je suis mauvais, j’ai gagné quelque chose. » Qu’y a-t-il qui puisse être perdu par quelqu’un ? Il n’y a rien du tout. Gagner quelque chose, c’est le Dhamma ; perdre quelque chose c’est le Dhamma. Être heureux et à l’aise, c’est le Dhamma ; être mal heureux, c’est le Dhamma. Cela signifie qu’il ne faut pas s’accrocher à toutes ces conditions mais simplement les voir pour ce qu’elles sont. Si vous vous sentez heureux, soyez conscient : « Oh ! Le bonheur n’est pas quelque chose de permanent. » Quand vous souffrez, soyez conscient : Oh ! La souffrance n’est pas permanente. » Si vous vous dites : « Oh ! Ca c’est vraimant bien ! », Rappelez-vous que ce n’est pas permanent. « Ca c’est grave, c’est vraiment grave » : pas permanent. Toutes les conditions ont leurs limites, alors ne vous y attachez pas autant.

Le Bouddha a enseigné l’impermanence. C’est ainsi que sont les choses : elles ne se conforment aux désirs de personne. C’est une Noble Vérité. L’impermanence règne sur le monde, voilà ce qui est permanent. C’est là que nous faisons fausse route, c’est donc dans cette direction que nous devons regarder. Quoi qu’il arrive, dites-vous que c’est juste ; tout est juste en soi ; tout est, par nature, mouvement incessant et changement. Notre corps existe de cette manière ; tous les phénomènes du corps et de l’esprit existent de cette manière. Nous ne pouvons pas les arrêter, ils ne peuvent pas être ralentis. Le fait qu’ils ne puissent pas être ralentis est révélateur de leur nature impermanente.

Si nous ne luttons pas contre cette réalité alors, où que nous soyons, nous serons heureux. Où que nous nous asseyions, nous serons heureux ; où que nous dormions, nous serons heureux. Même quand nous vieillirons, nous n’en ferons pas un drame. Vous vous levez, le dos vous fait mal et vous vous dites : « Oui, c’est assez juste. » C’est juste, alors ne lutter pas. Quand la douleur passe, vous vous dites peut-être : Ah ! Ca va mieux ! » Mais ce n’est pas mieux : vous êtes encore vivant, par conséquent vous aurez encore mal. C’est ainsi que vont les choses, alors il faut constamment orienter votre esprit vers cette contemplation et ne pas lui permettre de s’éloigner de la pratique. Pratiquez régulièrement et ne faites pas trop confiance aux choses ; faites plutôt confiance au Dhamma qui vous dit que la vie est ainsi. Ne croyez pas à la souffrance. Ne vous laissez piéger par rien.

Avec de telles bases, vous pourrez faire face à n’importe quoi. Quoi qu’il arrive vous saurez que ce n’est rien de permanent, rien de certain. Le monde est ainsi. A ce moment-là, nous trouvons une voie, une voie qui nous permet de mener notre vie et de nous protéger. Avec l’attention et la claire conscience de soi, avec la sagesse qui englobe tout, ceci est la voie de l’harmonie. Rien ne peut nous tromper parce que nous sommes engagés sur la voie. En regardant constamment dans cette direction, nous voyons le Dhamma à tout moment.

 

Ajahn Chah

 

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