L'enseignement du Bouddha - Dhamma

Publié le par gouranga

L'esprit du bouddhisme.


Avant de mettre en ligne quelques sutta qui selon moi traduisent l’essence du Bouddhisme, je vais commencer par expliquer brièvement ce qu’est le bouddhisme.

Le bouddhisme est un enseignement, celui du Bouddha. Cet enseignement était appelé en langue Pali, le Dhamma.
Le bouddhisme est donc le Dhamma. Le Dhamma est un art de vivre qui nous a été enseigné il y a 2500 ans par le moine Siddhârta Gotama.

Le moine Gotama n’a enseigné ni une religion ni une philosophie, mais une technique pour mettre fin à la souffrance liée au fait d’exister (Dukka  en langue Pali). Les textes Pali nous montrent que le Bouddha voulait que ses élèves (Bikkus) parviennent, par eux-mêmes, à voir la réalité des phénomènes.


Je vais donc vous laisser prendre connaissance d’un premier texte qui illustre bien l’esprit du Dhamma :

Le Kalama sutta - l'accès au libre examens

[Les Kalamas de Kesaputra vont voir le Bouddha]

1. Ainsi l'ai-je entendu. Un jour le Béni du Ciel, alors qu'il passait par le pays de Kosala en compagnie d'une grande communauté de bhikkhus, entra dans une ville des Kalamas appelée Kesaputra. Les Kalamas qui étaient les habitants de Kesaputra se dirent: "Le Révérend Gautama, le moine, le fils des Shakyan, alors qu'il errait par le pays de Kosala, est entré dans Kesaputra. La bonne réputation du Révérend Gautama s'est répandue jusqu'ici: c'est vrai, le Béni du Ciel est ainsi accompli, pleinement éveillé, doté de la connaissance et de la pratique, sublime, connaisseur des mondes, sans pair, guide pour les hommes domptables, instructeur des êtres divins et humains, de ce qu'il a par lui-même compris clairement par connaissance directe. Il a lancé le Dharma, bon au début, bon au milieu, bon à la fin, doté du sens et de la lettre, et complet en tout; et il proclame la vie sainte qui est parfaitement pleine et parfaitement pure. Voir des gens aussi accomplis est bon, en effet."

2. Or donc, les Kalamas qui habitaient Kesaputra s'en allèrent là où se trouvait le Bienheureux. En arrivant là, certains lui rendirent hommage et s'assirent de côté; d'autres échangèrent des salutations avec lui et à la fin d'une discussion cordiale et mémorable, s'assirent de côté; certains le saluèrent en levant leur paumes jointes et s'assirent de côté; certains annoncèrent leur nom et leur famille et s'assirent de côté; certains, sans rien dire, s'assirent de côté.

[Les Kalamas de Kesaputra demandent conseil au Bouddha]

3. Les Kalamas qui habitaient Kesaputra assis de côté dirent au Béni du Ciel: "O vénérable monsieur, il y a des renonçants et des brahmanes qui visitent Kesaputra. Ils n'exposent et n'expliquent que leurs propres doctrines; celles des autres, ils les méprisent, les ridiculisent et les mettent en pièces. D'autres renonçants et brahmanes également, vénérable monsieur, viennent à Kesaputra. Eux aussi n'exposent et n'expliquent que leurs propres doctrines; celles des autres, ils les méprisent, les ridiculisent et les mettent en pièces. Vénérable monsieur, il nous prend des doutes et des incertitudes à leur sujet. Lesquels de ces révérends renonçants et brahmanes disent le vrai et lesquels disent le faux?"

[Le critère de rejet]

4. Le Bienheureux s'adressa aux Kalamas et dit : "Il est normal pour vous, ô Kalamas, de douter et d'être incertains; l'incertitude s'est levée en vous à propos de ce qui est douteux. Allez, Kalamas. Ne vous fiez pas à ce qui a été acquis du fait de l'avoir entendu de façon répétée; ni du fait de la tradition; ni du fait de la rumeur; ni du fait que ça se trouve dans une écriture; ni du fait d'une supposition; ni du fait d'un axiome; ni du fait d'un raisonnement spécieux; ni d'un parti-pris en faveur d'une notion à laquelle on a pu réfléchir; ni du fait de l'apparente habileté de quelqu'un d'autre; ni du fait de la considération 'Ce moine est notre maître spirituel'. O Kalamas, lorsque vous savez de vous-mêmes: 'Ces choses sont mauvaises; ces choses sont blâmables; ces choses sont condamnées par les sages; si on les entreprend et si on les observe, ces choses conduisent au dommage et au malheur,' abandonnez-les.

[Avidité, haine, et illusion]

5. Qu'en pensez-vous, ô Kalamas ? Est-ce que l'avidité apparaît chez quelqu'un pour son bénéfice ou pour son malheur?
-- Pour son malheur, vénérable monsieur.
-- O Kalamas, en s'adonnant à l'avidité, et se trouvant mentalement débordé et vaincu par l'avidité, cette personne prendra la vie d'autrui, volera, commettra l'adultère et racontera des mensonges; elle poussera également les autres à en faire autant. Lui faudra-t-il longtemps pour qu'il en résulte son dommage et son malheur?
-- Non, vénérable monsieur.

6. Qu'en pensez-vous, ô Kalamas ? Est-ce que la haine apparaît chez quelqu'un pour son bénéfice ou pour son malheur?
-- Pour son malheur, vénérable monsieur.
-- O Kalamas, en s'adonnant à la haine, et se trouvant mentalement débordé et vaincu par la haine, cette personne prendra la vie d'autrui, volera, commettra l'adultère et racontera des mensonges; elle poussera également les autres à en faire autant. Lui faudra-t-il longtemps pour qu'il en résulte son dommage et son malheur?
-- Non, vénérable monsieur.

7. Qu'en pensez-vous, ô Kalamas ? Est-ce que l'illusion apparaît chez quelqu'un pour son bénéfice ou pour son malheur?
-- Pour son malheur, vénérable monsieur.
-- O Kalamas, en s'adonnant à l'illusion, et se trouvant mentalement débordé et vaincu par l'illusion, cette personne prendra la vie d'autrui, volera, commettra l'adultère et racontera des mensonges; elle poussera également les autres à en faire autant. Lui faudra-t-il longtemps pour qu'il en résulte son dommage et son malheur?
-- Non, vénérable monsieur.

8. Maintenant, qu'en pensez-vous, ô Kalamas ? Est-ce que ces choses sont bonnes ou mauvaises? -- Mauvaises, vénérable monsieur.
-- Blâmables ou non blâmables?
-- Blâmables, vénérable monsieur.
-- Condamnées ou pratiquées par les sages?
-- Condamnées, vénérable monsieur.
-- Si on les entreprend et si on les observe, ces choses conduisent-elles au dommage et au malheur? Que vous en semble-t-il?
-- Si on les entreprend et si on les observe, ces choses conduisent au dommage et au malheur. C'est là ce qu'il nous semble.

9. C'est pour ces raisons, ô Kalamas, que nous avons dit ainsi, 'Allez, Kalamas. Ne vous fiez pas à ce qui a été acquis du fait de l'avoir entendu de façon répétée; ni du fait de la tradition; ni du fait de la rumeur; ni du fait que ça se trouve dans une écriture; ni du fait d'une supposition; ni du fait d'un axiome; ni du fait d'un raisonnement spécieux; ni d'un parti-pris en faveur d'une notion à laquelle on a pu réfléchir; ni du fait de l'apparente habileté de quelqu'un d'autre; ni du fait de la considération 'Ce moine est notre maître spirituel'. O Kalamas, lorsque vous savez de vous-mêmes: 'Ces choses sont mauvaises; ces choses sont blâmables; ces choses sont condamnées par les sages; si on les entreprend et si on les observe, ces choses conduisent au dommage et au malheur,' abandonnez-les.

[Le critère d'acceptation]

10. Allez, Kalamas. Ne vous fiez pas à ce qui a été acquis du fait de l'avoir entendu de façon répétée; ni du fait de la tradition; ni du fait de la rumeur; ni du fait que ça se trouve dans une écriture; ni du fait d'une supposition; ni du fait d'un axiome; ni du fait d'un raisonnement spécieux; ni d'un parti-pris en faveur d'une notion à laquelle on a pu réfléchir; ni du fait de l'apparente habileté de quelqu'un d'autre; ni du fait de la considération 'Ce moine est notre maître sprituel'. O Kalamas, lorsque vous savez de vous-mêmes: 'Ces choses sont bonnes; ces choses ne sont pas blâmables; ces choses sont louées par les sages; si on les entreprend et si on les observe, ces choses conduisent au bénéfice et au bonheur,' entreprenez-les et observez-les.

[Absence d'avidité, de haine, et d'illusion]

11. Qu'en pensez-vous, ô Kalamas ? Est-ce que l'absence d'avidité apparaît chez quelqu'un pour son bénéfice ou pour son malheur?
-- Pour son bénéfice, vénérable monsieur.
-- O Kalamas, en ne s'adonnant pas à l'avidité, et n'étant pas mentalement débordé et vaincu par l'avidité, cette personne ne prendra pas la vie d'autrui, ne volera pas, ne commettra pas l'adultère et ne racontera pas de mensonges; elle poussera également les autres à en faire autant. Lui faudra-t-il longtemps pour qu'il en résulte son bénéfice et son bonheur?
-- Non, vénérable monsieur.

12. Qu'en pensez-vous, ô Kalamas ? Est-ce que l'absence de haine apparaît chez quelqu'un pour son bénéfice ou pour son malheur?
-- Pour son bénéfice, vénérable monsieur.
-- O Kalamas, en ne s'adonnant pas à la haine, et n'étant pas mentalement débordé et vaincu par la haine, cette personne ne prendra pas la vie d'autrui, ne volera pas, ne commettra pas l'adultère et ne racontera pas de mensonges; elle poussera également les autres à en faire autant. Lui faudra-t-il longtemps pour qu'il en résulte son bénéfice et son bonheur?
-- Non, vénérable monsieur.

13. Qu'en pensez-vous, ô Kalamas ? Est-ce que l'absence d'illusion apparaît chez quelqu'un pour son bénéfice ou pour son malheur?
-- Pour son bénéfice, vénérable monsieur.
-- O Kalamas, en ne s'adonnant pas à l'illusion, et n'étant pas mentalement débordé et vaincu par l'illusion, cette personne ne prendra pas la vie d'autrui, ne volera pas, ne commettra pas l'adultère et ne racontera pas de mensonges; elle poussera également les autres à en faire autant. Lui faudra-t-il longtemps pour qu'il en résulte son bénéfice et son bonheur?
-- Non, vénérable monsieur.

14. Maintenant, qu'en pensez-vous, ô Kalamas ? Est-ce que ces choses sont bonnes ou mauvaises? -- Bonnes, vénérable monsieur.
-- Blâmables ou non blâmables?
-- Pas blâmables, vénérable monsieur.
-- Condamnées ou pratiquées par les sages?
-- Pratiquées, vénérable monsieur.
-- Si on les entreprend et si on les observe, ces choses conduisent-elles au dommage et au malheur ou non? Que vous en semble-t-il?
-- Si on les entreprend et si on les observe, ces choses conduisent au bénéfice et au bonheur. C'est là ce qu'il nous semble.

15. C'est pour ces raisons, ô Kalamas, que nous avons dit ainsi, 'Il est juste pour vous, ô Kalamas, d'avoir un doute et d'être dans la perplexité. Car le doute est né chez vous à propos d'une matière qui est douteuse. Allez, Kalamas. Ne vous fiez pas à ce qui a été acquis du fait de l'avoir entendu de façon répétée; ni du fait de la tradition; ni du fait de la rumeur; ni du fait que ça se trouve dans une écriture; ni du fait d'une supposition; ni du fait d'un axiome; ni du fait d'un raisonnement spécieux; ni d'un parti-pris en faveur d'une notion à laquelle on a pu réfléchir; ni du fait de l'apparente habileté de quelqu'un d'autre; ni du fait de la considération 'Ce moine est notre maître spirituel'. O Kalamas, lorsque vous savez de vous-mêmes: 'Ces choses sont bonnes; ces choses ne sont pas blâmables; ces choses sont pratiquées par les sages; si on les entreprend et si on les observe, ces choses conduisent au bénéfice et au bonheur', pénétrez-vous de telles choses et pratiquez-les.

[Les Quatre Demeures exaltées]

16. Le disciple des Nobles Personnes, ô Kalamas, qui est de la sorte dépourvu de convoitise, dépourvu de mauvaise volonté, désillusionné, qui comprend clairement et qui reste attentif, demeure, grâce à sa pénétration, dans la pensée de l'amitié, pour un quart; de même pour le second quart; de même pour le troisième; et de même pour le quatrième; et de même au dessus, en dessous et en travers; il demeure, grâce à sa pénétration, à cause de l'existence en elle de tous les êtres vivants, partout, le monde entier, avec la grande pensée, exaltée et sans limite, de l'amitié qui est libre de haine ou de méchanceté.

Il vit, grâce à sa pénétration, dans la pensée de la joie sympathique, pour un quart; de même pour le second quart; de même pour le troisième; et de même pour le quatrième; et de même au dessus, en dessous et en travers; il demeure, grâce à sa pénétration, à cause de l'existence en elle de tous les êtres vivants, partout, le monde entier, avec la grande pensée, exaltée et sans limite, de la joie qui est libre de haine ou de méchanceté.

Il vit, grâce à sa pénétration, dans la pensée de la compassion, pour un quart; de même pour le second quart; de même pour le troisième; et de même pour le quatrième; et de même au dessus, en dessous et en travers; il demeure, grâce à sa pénétration, à cause de l'existence en elle de tous les êtres vivants, partout, le monde entier, avec la grande pensée, exaltée et sans limite, de la compassion qui est libre de haine ou de méchanceté.

Il vit, grâce à sa pénétration, dans la pensée de l'équanimité, pour un quart; de même pour le second quart; de même pour le troisième; et de même pour le quatrième; et de même au dessus, en dessous et en travers; il demeure, grâce à sa pénétration, à cause de l'existence en elle de tous les êtres vivants, partout, le monde entier, avec la grande pensée, exaltée et sans limite, de l'équanimité qui est libre de haine ou de méchanceté.

[Les Quatre Consolations]
 

17. Le disciple des Nobles Personnes, ô Kalamas, qui est de la sorte pourvu d'un esprit libre de haine, un tel esprit libre de méchanceté, un tel esprit libre de souillure, et un tel esprit purifié, est quelqu'un par qui les quatre consolations peuvent être trouvées ici et maintenant , en pensant.

'Supposons qu'il y ait un au-delà et qu'il y ait un fruit, résultat, des actions faites, bonnes ou mauvaises. Alors, il est possible qu'à la dissolution du corps après la mort, je monterai au monde céleste, qui est caractérisé par un état de bonheur.' C'est là la première consolation qu'il trouve.

'Supposons qu'il n'y ait aucun au-delà et qu'il n'y ait aucun fruit, résultat, des actions faites, bonnes ou mauvaises. Pourtant, en ce monde, ici et maintenant, libre de haine, libre de méchanceté, sain et sauf, et heureux, je me maintiens.' C'est là la seconde consolation qu'il trouve.

'Supposons que le mal échoie en partage à celui qui fait le mal. Moi, cependant, je m'efforce de ne causer aucun mal à personne. Alors, comment le mauvais (fruit) me toucherait-il qui ne commets aucun acte mauvais?' C'est là la troisième consolation qu'il trouve.

'Supposons que le mauvais (fruit) n'échoie pas à celui qui fait le mal. Alors, je me verrai purifié dans tous les cas.' C'est là la quatrième consolation qu'il trouve.

Le disciple des Nobles Personnes, ô Kalamas, qui a un tel esprit libre de haine, un tel esprit libre de méchanceté, un tel esprit libre de souillure, et un tel esprit purifié, est quelqu'un par qui ces quatre consolations peuvent être trouvées, ici et maintenant.

Les Kalamas dirent: "C'est ainsi, ô Béni du Ciel. C'est ainsi, ô Sublime. Le disciple des Nobles Personnes, vénérable monsieur, qui est de la sorte pourvu d'un esprit libre de haine, un tel esprit libre de méchanceté, un tel esprit libre de souillure, et un tel esprit purifié, est quelqu'un qui trouve, ici et maintenant, ces quatre consolations, en pensant:

'Supposons qu'il y ait un au-delà et qu'il y ait un fruit, résultat, des actions faites, bonnes ou mauvaises. Alors, il est possible qu'à la dissolution du corps après la mort, je monterai au monde céleste, qui est caractérisé par un état de bonheur.' C'est là la première consolation qu'il trouve.

'Supposons qu'il n'y ait aucun au-delà et qu'il n'y ait aucun fruit, résultat, des actions faites, bonnes ou mauvaises. Pourtant, en ce monde, ici et maintenant, libre de haine, libre de méchanceté, sain et sauf, et heureux, je me maintiens.' C'est là la seconde consolation qu'il trouve.

'Supposons que le mal échoie en partage à celui qui fait le mal. Moi, cependant, je m'efforce de ne causer aucun mal à personne. Alors, comment le mauvais (fruit) me toucherait-il qui ne commets aucun acte mauvais?' C'est là la troisième consolation qu'il trouve.

'Supposons que le mauvais (fruit) n'échoie pas à celui qui fait le mal. Alors, je me verrai purifié dans tous les cas.' C'est là la quatrième consolation qu'il trouve.

Le disciple des Nobles Personnes, vénérable monsieur, qui a un tel esprit libre de haine, un tel esprit libre de méchanceté, un tel esprit libre de souillure, et un tel esprit purifié, en est un qui trouve, ici et maintenant, ces quatre consolations.

Ayant entendu la parole du Bienheureux, les Kalamas s'écrièrent: "Merveilleux, vénérable monsieur! Merveilleux, vénérable monsieur! C'est comme si quelqu'un redressait ce qui est renversé, ou découvrait ce qui est caché, ou montrerait le chemin à quelqu'un qui est perdu ou porterait une lampe dans l'obscurité, pensant: 'Ceux qui ont des yeux verront les objets visibles,' de sorte que le Dharma a été mis en branle de plusieurs manières par le Béni du Ciel. Nous, vénérable monsieur, allons prendre refuge auprès du Béni du Ciel, auprès du Dharma, et auprès du Sangha (la communauté) des Bhikkhus. Vénérable monsieur, que le Béni du Ciel nous considère comme des disciples laïcs qui ont pris refuge pour la vie, à partir de ce jour."




Qu’enseigne-t-il ?


En lisant les textes Pali, on comprend que le Bouddha nous a livré une méthode pour nous libérer par nous-mêmes de la souffrance. Le Bouddha disait lui-même enseigner la souffrance et la fin de la souffrance. 

Le point de départ du Dhamma est de voir Dukka (la souffrance), ce qui signifie que nous ne savons pas réellement que nous sommes souffrants. Et que sans la vision juste de l’état de souffrance dans lequel nous sommes réellement, il n’y a pas de libération possible.

Je vais donc vous laisser prendre connaissance d’un autre sutta qui représente le coeur du Dhamma :

Ainsi ai-je entendu :





 

A une certaine occasion, le Bouddha séjourna dans le parc aux Daims, à Isipatana, près de Varanasi (Bénarès). Là, il s'adressa aux cinq moines (ses anciens compagnons) et dit :

 Moines, il existe deux extrêmes qui doivent être évités par ceux qui, comme vous, ont renoncé à la vie dans le monde. Quels sont ces deux extrêmes ? S'adonner aux plaisirs des sens, ce qui est sordide, vulgaire, commun, répréhensible et engendre de mauvaises conséquences ; et s'adonner à l’auto-mortification, ce qui est douloureux, répréhensible et sans résultat bénéfique. En évitant ces deux extrêmes, le Tathagata a découvert la Voie du milieu qui apporte la compréhension juste des choses, qui apporte la connaissance, qui conduit à la paix, à la connaissance directe, à l'éveil par soi-même et à la Libération.

Et quelle est cette Voie du milieu que le Tathagata a découverte et qui apporte la compréhension juste des choses, qui apporte la connaissance, qui conduit à la paix, à la connaissance directe, à l'éveil par soi-même et à la Libération ? C’est précisément ce Noble Octuple Sentier, à savoir : la vision juste des choses, la détermination juste, la parole juste, l'action juste, les moyens d'existence juste, l'effort juste, l'attention juste et la concentration juste. Telle est la Voie du milieu que le Tathagata a découverte, qui apporte la compréhension juste des choses, qui apporte la connaissance, qui conduit à la paix, à la connaissance directe, à l'éveil par soi-même et à la Libération.

Voici, moines, la Noble Vérité de la souffrance :
 la naissance est souffrance, la vieillesse est souffrance, la maladie est souffrance, la mort est souffrance ; être uni à ce que l'on n'aime pas est souffrance, être séparé de ce que l'on aime est souffrance, ne pas obtenir ce que l'on désire est souffrance. En résumé, les cinq agrégats d'attachement sont souffrance.

Voici, moines, la Noble Vérité de la cause de la souffrance :
c’est le désir avide ou la « soif » qui est à l’origine des incessantes renaissances. Elle s’accompagne de la passion et de la recherche du plaisir, elle se trouve tantôt ici, tantôt là. En d’autres termes, c'est la soif des plaisirs des sens, la soif de l'existence et la soif de la non-existence.

Voici, moines, la Noble Vérité de la cessation de la souffrance :
 c'est la diminution puis la cessation complète de cette « soif ». C’est abandonner, renoncer et se libérer définitivement de cette « soif ».

Voici, moines, la Noble Vérité du Sentier conduisant à la cessation de la souffrance :
c'est le Noble Octuple Sentier qui inclut la vision juste des choses, la détermination juste, la parole juste, l'action juste, les moyens d'existence juste, l'effort juste, l'attention juste et la concentration juste.

« Ceci est la Noble Vérité de la souffrance. » Telle fut la compréhension qui s'est élevée en moi, la vision pénétrante, le discernement, la connaissance, la lumière qui ont jailli en moi par rapport à des choses qui n’avaient jamais été dites auparavant.

« Cette Noble Vérité de la souffrance doit être comprise. » ” Telle fut la compréhension qui s'est élevée en moi, la vision pénétrante, le discernement, la connaissance, la lumière qui ont jailli en moi par rapport à des choses qui n’avaient jamais été dites auparavant.

« Cette Noble Vérité de la souffrance a été comprise. » Telle fut la compréhension qui s'est élevée en moi, la vision pénétrante, le discernement, la connaissance, la lumière qui ont jailli en moi par rapport à des choses qui n’avaient jamais été dites auparavant.

 « Ceci est la Noble Vérité de la cause de la souffrance. » Telle fut la compréhension qui s'est élevée en moi, la vision pénétrante, le discernement, la connaissance, la lumière qui ont jailli en moi par rapport à des choses qui n’avaient jamais été dites auparavant.

 « Cette Noble Vérité de la cause de la souffrance doit être abandonnée. » Telle fut la compréhension qui s'est élevée en moi, la vision pénétrante, le discernement, la connaissance, la lumière qui ont jailli en moi par rapport à des choses qui n’avaient jamais été dites auparavant.

 « Cette Noble Vérité de la cause de la souffrance a été abandonnée. » Telle fut la compréhension qui s'est élevée en moi, la vision pénétrante, le discernement, la connaissance, la lumière qui ont jailli en moi par rapport à des choses qui n’avaient jamais été dites auparavant.

« Ceci est la Noble Vérité de la cessation de la souffrance. »  Telle fut la compréhension qui s'est élevée en moi, la vision pénétrante, le discernement, la connaissance, la lumière qui ont jailli en moi par rapport à des choses qui n’avaient jamais été dites auparavant.

 « Cette Noble Vérité de la cessation de la souffrance doit être constatée par soi-même. » Telle fut la compréhension qui s'est élevée en moi, la vision pénétrante, le discernement, la connaissance, la lumière qui ont jailli en moi par rapport à des choses qui n’avaient jamais été dites auparavant.

 « Cette Noble Vérité de la cessation de la souffrance a été constatée par soi-même. » Telle fut la compréhension qui s'est élevée en moi, la vision pénétrante, le discernement, la connaissance, la lumière qui ont jailli en moi par rapport à des choses qui n’avaient jamais été dites auparavant.

 « Ceci est la Noble Vérité du Sentier conduisant à la cessation de la souffrance. » Telle fut la compréhension qui s'est élevée en moi, la vision pénétrante, le discernement, la connaissance, la lumière qui ont jailli en moi par rapport à des choses qui n’avaient jamais été dites auparavant.

 « Cette Noble Vérité du Sentier conduisant à la cessation de la souffrance doit être pratiquée. »  Telle fut la compréhension qui s'est élevée en moi, la vision pénétrante, le discernement, la connaissance, la lumière qui ont jailli en moi par rapport à des choses qui n’avaient jamais été dites auparavant.

 « Cette Noble Vérité du Sentier conduisant à la cessation de la souffrance a été pratiquée. » Telle fut la compréhension qui s'est élevée en moi, la vision pénétrante, le discernement, la connaissance, la lumière qui ont jailli en moi par rapport à des choses qui n’avaient jamais été dites auparavant.

Moines, tant que cette compréhension et cette connaissance des quatre Nobles Vérités — sous leurs trois formes et dans leurs douze aspects — ne fut pas clarifiée en moi dans toute sa pureté, je n'ai pas proclamé avoir atteint l’Eveil par moi-même, m’être éveillé à la suprême connaissance inégalée en ce monde avec ses dieux, ses Mārā et ses Brahmā, ses ascètes et ses prêtres, ses souverains et ses peuples. Cependant, moines, lorsque cette compréhension et cette connaissance des quatre Nobles Vérités — sous leurs trois formes et dans leurs douze aspects — fut clarifiée en moi dans toute sa pureté, j'ai proclamé avoir atteint l’Eveil par moi-même, m’être éveillé à la suprême connaissance inégalée en ce monde avec ses dieux, ses Mārā et ses Brahmā, ses ascètes et ses prêtres, ses souverains et ses peuples. Et une certitude profonde a jailli en moi :

 « Cette Libération est inébranlable. Cette vie est la dernière. Il n'y aura plus de renaissance. »

Ainsi parla le Bouddha. Les cinq moines, heureux, se réjouirent de ses paroles.

Tandis que ces paroles étaient prononcées, l’œil pur et immaculé du Dhamma s’ouvrit pour le vénérable Kondañña. Il vit : Tout ce qui est sujet à apparaître est nécessairement sujet à disparaître.

Et quand le Bouddha eut mis en mouvement la Roue du Dhamma les deva de la terre s’écrièrent : « A Bénarès, dans le parc d’Isipatana, le Bouddha a mis en mouvement la roue incomparable du Dhamma qui ne peut être arrêtée ni par des ascètes, ni par des prêtres, ni par des deva, ni par Mārā, Brahmā ni qui que ce soit dans l’univers. »

Dans le même instant, ce cri atteignit le monde des déités. Et ce cosmos aux dix mille paliers fut secoué et trembla tandis qu’une lumière infinie baignait tout l’univers, surpassant l’éclat des deva.

Alors le Bouddha s’exclama : « Alors tu as vraiment compris, Kondañña ? Tu as vraiment compris ? » Et c’est ainsi que le vénérable Kondañña prit le surnom de Añña-Kondañña, c’est-à-dire « Kondañña qui a compris ».


source: “Le Dhamma de la Forêt”




Publié dans Dhamma - Bouddhisme

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Rootz 24/11/2009 13:57


rootz ton blog tres interressant a booster
peace